QUI ES-TU - suite
Adopté provisoirement pour fait de guerre, j'ai vécu en Gironde avec mon parrain et ma marraine, ce fut des années noires. Parrain était gendarme, dans ses fonctions je ne sais pas comment il se comportait, mais avec moi c'était une vrai pâte, je n'en dirais pas autant de la marraine qui pour un oui ou pour un non sortait le ceinturon, plus tard lors de mes premières lectures j'ai eu l'occasion de lire "un bon petit diable", le seul souvenir qu'il me reste de cette marraine, c'est qu'elle ressemblait singulièrement a la mère Mac-Mich du bouquin.
Je me souviens de ce que j'ai pu avaler comme cochonneries, entre les granulés au phosphore, l'huile de ricin et l'huile de foie de morue, la bouche pleine de ces vermiceaux, je les avalais a coup de ceinturon, la voie du rebelle se précisait de jour en jour.
En grandissant je me suis peu a peu renfermé sur moi même, les bétises se sont accumulées, souvent pas défis, et plus les corrections tombaient plus je m'enfonçais dans la rebellion, cela ma poursuivit longtemps, jusque l'âge adulte et dieu sait si adulte je le suis devenu bien tard.
l"école -
D'une timidité maladive j'avais la larme facile et le professeur, ah! oui j'ai oublié de vous dire que j'étais dans une école catholique, donc le professeur en question était un frère et en soutane (mar plij) ils avaient tous un surnom, il y avait frère souris, celui là rappliquait toujours là ou on ne l'attendait pas, de tout petits yeux derrière de petites lunettes rondes, la soutane relevée il vous courait derrière et vous rattrapait toujours et vous tirait l'oreille a vous la decoller, il y avait aussi frère pied bot qui ne laçait jamais son brodequin et qui pour son malheur avait toujours tendance a vouloir botter le cul de ses élèves, il suffisait de prévoir le coup et au moment du balancement du pied faire un pas en avant et le pauvre brodequin traversait la classe sous les fous rires des élèves, une fois il est même passé par la fenètre ouverte, sous les ovations d'un public averti.
a suivre
ulysse