l'apprentissage
Le certificat en poche et après quelques jours de vacances, je me retrouvais en apprentissage chez un
ébéniste (qui ne m'a rien appris) j'en ai passé des heures derrière les machines à récupérer les pièces travaillées et aussi à remplir des sacs de copeaux qu'un boulanger venait récupérer pour
allumer son four.
Au-dessus de la salle des machines, il y avait la salle de montage et dans un coin trônait un établi de sculpteur j'étais en admiration devant toutes ces gouges et autres ciseaux, malheureusement je n'ai jamais eu le droit de m'en servir, bien qu'à plusieurs reprises et en cachette je m'essayais à la sculpture, cela me plaisait vraiment, mais le vieux ne m'aimait pas et il n'a jamais voulu me conseiller, ni m'expliquer les bases du métier, je lui garde une rancoeur et aujourd'hui encore je le hais, j'étais cantonné au ponçage et finition des meubles, ça me promettait un bel avenir. Cela a durée deux ans et un jour au début de la journée l'altercation a dégénérée, j'ai pété les plombs et vidé mon sac et puis je suis rentré a la maison. Mon père était encore là et il m'a demandé des explications, je lui est tout raconté, la façon dont je travaillais, les tracasseries quotidiennes, il m'a écouté en silence et sans un mot il a enfourché son vélo et a filé a l'atelier, je n'ai jamais su ce qui c'était dit, le fait est que le fils est venu me faire des excuses dont je me foutais royalement, j'en voulais a son père et je l'ai maudit jusqu'à sa mort. Ce fut un tournant dans ma vie, par sa faute je n'ai jamais eu de vrai métier.
Puis se fut les petits boulots sur le port, le chargement des bateaux, suivant les saisons c'était les choux fleurs, les oignons ou encore les pommes de terre, en début de journée c'était assez facile, mais imaginez porter des colis de trente kilos parfois durant dix huit heures cela faisait un nombre impressionnant de camions heureusement nous étions jeunes, la récupération se faisait rapidement.
Il y avait aussi le langoustier, avec mon copain Daniel nous connaissions les horaires et les jours de déchargement. Le matin nous avions rendez-vous sur le port, nous étions toujours les premiers à l'embauche, comme c'était du travail au coup par coup il fallait être présent de bonne heure. Le déchargement des langoustes était aussi un travail ingrat, la marchandise se trouvait en fond de cale dans l'eau, pour la remonter il nous fallait attendre la marée basse, pour ne pas perdre de temps dés que l'eau descendait, le déchargement démarrait, il y avait peu de volontaires pour descendre en cale, avec Daniel nous étions toujours d'accord pour ce boulot. Il faut dire qu'il fallait se tenir allongé sur les langoustes et dans l'eau la hauteur était insuffisante pour se tenir même accroupit, le travail était assez pénible, au bout de quelque temps les mains se mettaient a saigner, nous mettions les langoustes dans des paniers qui étaient hissés sur le pont remis dans des containers et chargés sur un camion qui les transportaient jusqu'au vivier. Il ne fallait pas chômer car il n'y avait que le temps de la marée pour faire le travail, il n'y avait pas un temps de repos. Le transfert terminé, nous nous retrouvions tous à l'auberge du quai ou une tournée était offerte par l'armateur, une bonne bière était la bienvenue.
ulysse
Au-dessus de la salle des machines, il y avait la salle de montage et dans un coin trônait un établi de sculpteur j'étais en admiration devant toutes ces gouges et autres ciseaux, malheureusement je n'ai jamais eu le droit de m'en servir, bien qu'à plusieurs reprises et en cachette je m'essayais à la sculpture, cela me plaisait vraiment, mais le vieux ne m'aimait pas et il n'a jamais voulu me conseiller, ni m'expliquer les bases du métier, je lui garde une rancoeur et aujourd'hui encore je le hais, j'étais cantonné au ponçage et finition des meubles, ça me promettait un bel avenir. Cela a durée deux ans et un jour au début de la journée l'altercation a dégénérée, j'ai pété les plombs et vidé mon sac et puis je suis rentré a la maison. Mon père était encore là et il m'a demandé des explications, je lui est tout raconté, la façon dont je travaillais, les tracasseries quotidiennes, il m'a écouté en silence et sans un mot il a enfourché son vélo et a filé a l'atelier, je n'ai jamais su ce qui c'était dit, le fait est que le fils est venu me faire des excuses dont je me foutais royalement, j'en voulais a son père et je l'ai maudit jusqu'à sa mort. Ce fut un tournant dans ma vie, par sa faute je n'ai jamais eu de vrai métier.
Puis se fut les petits boulots sur le port, le chargement des bateaux, suivant les saisons c'était les choux fleurs, les oignons ou encore les pommes de terre, en début de journée c'était assez facile, mais imaginez porter des colis de trente kilos parfois durant dix huit heures cela faisait un nombre impressionnant de camions heureusement nous étions jeunes, la récupération se faisait rapidement.
Il y avait aussi le langoustier, avec mon copain Daniel nous connaissions les horaires et les jours de déchargement. Le matin nous avions rendez-vous sur le port, nous étions toujours les premiers à l'embauche, comme c'était du travail au coup par coup il fallait être présent de bonne heure. Le déchargement des langoustes était aussi un travail ingrat, la marchandise se trouvait en fond de cale dans l'eau, pour la remonter il nous fallait attendre la marée basse, pour ne pas perdre de temps dés que l'eau descendait, le déchargement démarrait, il y avait peu de volontaires pour descendre en cale, avec Daniel nous étions toujours d'accord pour ce boulot. Il faut dire qu'il fallait se tenir allongé sur les langoustes et dans l'eau la hauteur était insuffisante pour se tenir même accroupit, le travail était assez pénible, au bout de quelque temps les mains se mettaient a saigner, nous mettions les langoustes dans des paniers qui étaient hissés sur le pont remis dans des containers et chargés sur un camion qui les transportaient jusqu'au vivier. Il ne fallait pas chômer car il n'y avait que le temps de la marée pour faire le travail, il n'y avait pas un temps de repos. Le transfert terminé, nous nous retrouvions tous à l'auberge du quai ou une tournée était offerte par l'armateur, une bonne bière était la bienvenue.
ulysse
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